Table des matières

jeudi 2 août 2018

Hantée, tome 3 : Le Cabinet des ténèbres








Shades of London, book 3: The Shadow Cabinet
Maureen Johnson
Éditions Putnam
384 pages






     Les fantômes hantent Londres. Une équipe spéciale, les Ombres, est chargée de contrôler ceux qui sèment le chaos et les empêche de nuire. Callum et Boo sont sous le choc du décès tragique et brutal de Stephen, le leader des Ombres. Mais Rory est persuadée qu'il existe un moyen de le ramener de l'au-delà.
     Le deuxième tome de cette série m'avait laissé sur un intense suspense, et sur un retournement de situation inenvisageable. Ayant laissé filé près de deux ans avant de finalement me lancer dans la lecture du troisième tome, j'avais plus ou moins oublié ce dont il était question. Toutefois, dès les premières pages, j'ai été replongé dedans tête première, et je me suis de nouveau frappé au mur qui s'était érigé devant moi lors de ma lecture de cette fin.

C'est donc en plein coeur de l'action que j'ai retrouvé les personnages. Je ne peux pas vraiment parler de l'intrigue principale sans révéler plusieurs éléments clés de l'histoire, je m'abstiendrai donc, mais disons simplement que cette intrigue m'a vraiment mise sur le bout de ma chaise. J'attendais toujours de voir ce qui allait se passer, et j'espérais profondément une fin heureuse. À cette trame principale s'en mêle une autre, qui est apparue lors du tome précédent. Les deux intrigues étaient extrêmement intéressantes, même si j'avais une certaine préférence pour l'une d'entre elles (ceux ayant lu le livre comprendront de quoi je parle, les autres je suis désolé pour ce charabia incompréhensible à vos yeux). L'histoire se développe en quelque chose de différent, auquel je n'aurais pas pensé simplement en lisant le premier tome, et même s'il ne s'agit pas de ce que j'aurais aimé lire à la base, cela reste une excellente lecture. 

Les personnages m'ont toujours autant plu. Leur personnalités sont bien développés, leurs agissements bien expliqués, et leur humour toujours aussi tordant, même si ce tome est nettement plus sombre que les précédents. J'ai aussi bien apprécié faire la connaissance de nouveaux personnages, et redécouvrir d'anciens personnages que nous n'avions pas vu depuis un moment.

Je croyais qu'il s'agissait du dernier tome de la série avant d'arriver à la fin de celui-ci. Considérant la fin, il est évident qu'il y aura au moins un autre tome, ce qui me plait énormément. J'ai commencé cette série sur un coup de tête, mais il s'agit de l'une de mes préférées, donc je n'ai pas tellement hâte de la terminer, je dois l'avouer.

jeudi 12 juillet 2018

The Hate U Give : La haine qu'on donne







The Hate U Give
Angie Thomas
Éditions Balzer + Bray
444 pages

     Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.
     Je crois que presque tout le monde a maintenant entendu parler du livre The Hate U Give, encore plus maintenant que l'adaptation de ce livre sortira en salle cette année. Il s'agit d'un livre qui est extrêmement populaire en ce moment et qui semble plaire à tous, c'est pourquoi j'ai finalement décidé de l'emprunter à la bibliothèque, pour comprendre ce qu'il y avait de si exceptionnel avec ce livre.

Ce livre met en place une histoire d'actualité, poignante et véridique. Ce livre parle d'une réalité que je peux tenter de comprendre, mais que je ne pourrai jamais comprendre pleinement, en raison de la couleur de ma peau. Il y est question de racisme, de brutalité policière, de gangs et de survie. Malgré le fait que je ne pourrai jamais prétendre comprendre cette réalité sous toutes ses coutures, l'auteur apporte les différents sujets avec beaucoup de détails, d'explications et dépeint la vie de Starr, de sa famille et de ses amis d'une façon qui m'a permis de la comprendre, ne serait-ce que pour la durée d'un livre, et ce que j'ai lu m'a permis de voir cette réalité sous un nouvel angle, et d'appliquer cette perspective tous les jours de ma vie.

Le livre se passe aux États-Unis, et l'auteure fait référence à plusieurs événements ayant eu lieu au cours des dernières années pour mettre en place son histoire. L'histoire de Starr est touchante, déchirante, et malheureusement, on peut facilement imaginer quelqu'un d'autre à la place de Starr. On peut facilement penser à plusieurs autres événements dont nous avons entendu parler dans les journaux. On peut facilement ressentir la frustration de Starr ainsi que son désespoir en ne sachant pas quoi faire, en essayant de se faire entendre, mais tout en essayant de survivre dans un monde hostile. L'auteure a su dépeindre les sentiments d'une manière remarquable, et plusieurs phrases magnifiques et frappantes se retrouvent dans ce livre.

J'ai adoré la diversité des personnages présents dans ce livre. Il y en a de toutes les ethnicités, toutes les classes sociales, tous les genres. Chaque personne est façonnée d'une façon différente, avec ses forces et ses faiblesses, ses bons et ses mauvais côtés, et tous ont une personnalité bien à eux. Avec les personnages de Thomas, on tombe loin des clichés, et c'est ce que j'ai le plus aimé.

J'ai particulièrement aimé le personnage d'Hailey, une amie de Starr. Je n'ai pas aimé ce personnage pour sa personnalité ou ses caractéristiques, loin de là, puisqu'il s'agit d'un personnage extrêmement désagréable, mais je l'ai extrêmement apprécié puisqu'elle représente un type de personne que nous connaissons tous. Chacun d'entre nous peut facilement trouver quelqu'un lui ressemblant de près ou de loin dans son entourage. Ce personnage m'a aussi permis de me remettre moi-même en question, et de revoir certains commentaires que j'avais pu exprimer au fil des ans. C'est un personnage qui aide à s'ouvrir les yeux, selon moi.

J'avais de grandes attentes envers ce livre, suite à tous les commentaires élogieux que j'avais pu en lire. Ces attentes n'ont pas toutes été atteintes, en termes de lecture et de divertissement, même si j'ai beaucoup aimé ma lecture, mais celles-ci ont été largement dépassées autrement.
     Something's bugging me. I wanted to ask Uncle Carlos, but I couldn't for some reason. Daddy's different though. While Uncle Carlos somehow keeps impossible promises, Daddy keeps it real with me. "You think the cops want Khalil to have justice?" I ask.
Thump-thump-thump. Thump... thump... thump... The truth casts a shadow over the kitchen - people like us in situations like this become hashtags, but they rarely get justice. I think we all wait for that one time though, that one time when it ends right.
Maybe this can be it.
"I don't know," Daddy says. "I guess we'll find out."

Extrait en page 59.

mercredi 23 mai 2018

La Vague







The Wave
Todd Strasser
Éditions Ember
138 pages
     Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'histoire, crée un mouvement, la Vague, aux slogans fort : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action". En l'espace de quelques jours, le paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration?
     Je ne sais pas pour vous, mais dans mon école secondaire, absolument tous les élèves, peu importe leur professeur, visionnent en classe le film La Vague, et ce, depuis plusieurs années. C'est donc en connaissant grossièrement l'histoire que je me suis procuré le livre et que je me suis lancé dans sa lecture.

Commençons par un peu d'histoire. En fait, pour ceux qui ne le savent pas, le livre, ainsi que le film, sont inspirés d'une histoire vraie, ayant eu lieu en 1967. Un professeur, qui n'arrivait pas à expliquer à ses élèves comment un régime tel que le régime nazi avait pu exister, a décidé de se lancer dans une étude expérimentale et de créer un mouvement nommé « La troisième vague ». L'étude s'est terminée de façon bien moins violente que le film, mais les deux oeuvres (roman et film) sont inspirés de la même histoire.

Donc, c'est grâce au film, en premier, que j'ai pris connaissance de cette histoire, et c'est donc avec un peu de déception que j'ai refermé le livre. En fait, le film s'inspire grossièrement de l'histoire de base et montre plutôt une histoire extrêmement romancée et beaucoup plus dramatique que ce qui s'est réellement produit. L'histoire a été adaptée pour être intéressante à regarder et pour divertir toute une panoplie de gens, et non pas seulement ceux appréciant regarder des documentaires.

Le livre, toutefois, est beaucoup plus près de la réalité. Il s'agit d'un bon livre, axé sur la psychologie des personnages et sur l'esprit impressionnable des adolescents. Il nous montre, en très peu de pages, l'importance de penser par soi-même et de ne pas suivre aveuglément un groupe simplement pour faire comme les autres et avoir l'impression d'appartenir à un groupe.

Il s'agit d'une lecture très intéressante puisqu'elle permet de comprendre plusieurs choses, notamment la façon dont une seule personne peut réussir à amener plusieurs personnes à poser des actes qu'ils n'auraient jamais commis par eux-mêmes et qu'ils savent répréhensibles. Toutefois, il s'agit d'un livre lent (celui-ci se déroule sur une semaine, et les jours sont vus du point de vue de plusieurs personnages) et contenant très peu d'action. Il y a un suspens de présent, puisqu'on se demande jusqu'où iront les personnages, mais c'est tout.

C'est donc une lecture que j'ai bien apprécié, mais qui, contrairement au film, ne m'a pas amené le sentiment du divertissement que j'espérais en commençant ma lecture, puisque malheureusement, j'ai vu la version romancée en premier.
"Laurie, if you study the types of people who join these cults, they're almost always people who are unhappy with themselves and their lives. They look at the cult as a way of changing, of starting over, of literally being born again. How else do you explain the change in Robert?"
"But what's wrong with that, Mom?"
"The problem is that it's not real, Laurie. Robert is safe only as long as he keeps within the confines of The Wave. But what do you think happens when he leaves it? The outside world doesn't know or care about The Wave. If Robert couldn't function in school before The Wave, he won't be able to function outside of school where The Wave doesn't exist."

Extrait en page 72.

samedi 28 avril 2018

Les magiciens, tome 1







Magician, book 1: The Magicians
Lev Grossman
Éditions Viking
402 pages

     Brooklyn. Quentin, dix-sept ans, est un adolescent brillant mais il ronge son frein, prisonnier d'un monde désespérément ennuyeux, en attendant d'intégrer une université de prestige. Comme il regrette le temps de son enfance où les Chroniques de Fillory l'entraînaient dans un univers magique où tromper son ennui! Mais sa vie se transforme le jour où, à sa grande stupeur, il est admis à la faculté de Brakebills, une école extrêmement élitiste et secrète qui forme des magiciens. Cinq années d'un rude et dangereux apprentissage l'y attendent. Mais le monde réel, même revu par la magie, n'apporte pas forcément le bonheur. Ce qu'il faudrait, c'est que l'univers de Fillory, celui des contes de son enfance, ne soit pas un monde imaginaire. Qui sait?...
     La série Les magiciens n'est pas une série extrêmement populaire, ni même connue, mais je suis tombée sur l'adaptation télévisée il y a longtemps de cela et j'ai tout simplement adoré. Lorsque j'ai enfin décidé de regarder la deuxième saison de la série, je me suis dit qu'il serait peut-être préférable pour moi de lire le premier tome, considérant que je voulais lire la série, de façon à ne pas me faire spoiler toutes les péripéties. Au final, c'est le livre qui m'a spoilé la deuxième saison!

En effet, le temps est un concept étrange dans ce livre. Bien que le livre contienne moins de 500 pages et que les pages semblent se tourner tranquillement, l'histoire se déroule sur plus de quatre ans. Nous entrons dans la vie de Quentin, un personnage assez troublé, et plutôt négatif, avant qu'il ne découvre l'existence de la magie. Nous suivons son évolution pendant toutes ses années d'études, ainsi qu'ensuite, ce qui apporte une immense vue d'ensemble de son évolution ainsi que de celle de ses camarades.

J'ai mentionné plus haut que Quentin n'est pas le personnage le plus rayonnant qu'il m'ait été donné de voir, et en fait, l'histoire complète est faite ainsi. Le livre est extrêmement sombre, étrange et voire même un peu... dérangé. L’atmosphère de cette lecture est plutôt difficile à expliquer, mais disons que ce n'est clairement pas pour tout le monde. Toutefois, le live n'est pas dépourvu de positivisme, et l'humour des personnages est très intéressant, mais il s'agit tout de même d'un humour noir, sec et sarcastique.

Ce livre m'a donné l'impression d'une réécriture d'Harry Potter et de Narnia, mais extrêmement pervertie. Les personnages évoluent dans une école de magie digne de Poudlard, mais les cours sont parfois assez étranges, et apparemment la survie des élèves n'est pas la priorité numéro un des professeurs de cette école. De plus, cette histoire comporte une sorte de mon imaginaire parallèle qui est une immense copie de Narnia, mais en très, très malsaine. J'ai eu beaucoup de plaisir à relever les similarités pendant ma lecture et c'est un monde que j'ai bien hâte de pouvoir découvrir encore plus.

J'ai lu ce livre en version originale, c'est-à-dire en anglais, et je dois dire que le niveau de vocabulaire est beaucoup plus élevé que ce que j'ai l'habitude de lire. Cela ne m'a pas dérangé, au contraire, j'ai trouvé la différence agréable. Ce livre n'est clairement pas destiné à un public jeunesse, et j'ai donc apprécié que la plume soit plus mature. Celle-ci reste très poétique, malgré la nature sombre de son récit, et m'a entraînée dès les toutes premières pages.

En bref, « étrange, malsain, pervers » sont les termes que j'utiliserais pour décrire cette lecture, mais pas dans le sens négatif de ces termes. Il s'agit d'une lecture m'ayant laissé une impression... étrange, que je ne saurais décrire, mais qui m'a effectivement plu. C'est donc sans hésitation que je lirai la suite de cette série.
He'd started that little speech speaking normally and he ended it shouting. In a way fighting like this was just like using magic. You said the words, and they altered the universe. By merely speaking you could create damage and pain, cause tears to fall, drive people away, make yourself feel better, make your life worse.

Extrait en page 331.

Personnages que j'ai préférés : Penny & Alice

vendredi 27 avril 2018

Marquer les ombres, tome 1








Carve the Mark, book 1
Veronica Roth
Éditions Nathan
478 pages
     Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un «don», un pouvoir unique.
Cyra, soeur du tyran qui gouverne Shotet, et Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, sont de ceux-ci. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables.
Pourtant, pour survivre, ils doivent s'aider... ou décider de se détruire.
     Je crois que la majorité d'entre vous connait déjà l'auteure de ce livre, Veronica Roth, ne serait-ce que grâce à sa série Divergent qui a été extrêmement populaire, autant sur papier que sur écran. Ayant beaucoup apprécié cette série, je me suis rapidement lancé dans cette nouvelle aventure, me doutant que je n'en sortirais pas déçue.

C'est en étant un peu déstabilisée que j'ai commencé cette lecture. Je n'ai pas l'habitude de lire des livres de science-fiction, ni même de regarder des films de ce genre, c'est donc avec un peu d'appréhension que j'ai commencé cette lecture se déroulant dans l'espace. L'histoire se déroule majoritairement sur une même planète, habitée par deux peuples, la nation de Thuvé et celle de Shotet. Bien qu'il y ai beaucoup mentions des autres planètes ainsi que de la façon dont le monde fonctionne, le concept de l'espace est plutôt peu exploité. Personnellement, ce n'est pas quelque chose qui m'a réellement dérangé, n'étant pas une fan du concept à la base, mais j'aurais facilement pu oublier que l'histoire se déroulait dans l'espace, sur plusieurs planètes, s'il n'était pas question à plusieurs reprises de vaisseaux spatiaux quelconques. L'histoire aurait facilement pu se dérouler n'importe où, et j'aimerais bien voir le concept un peu plus développé dans le deuxième tome, voir ce que cet univers peut bien apporter à l'histoire.

Toutefois, on sent bien qu'on est dans un autre univers et j'ai eu un peu de difficulté à suivre par moments. Il y a beaucoup de descriptions, des coutumes différentes et précises pour chaque planète et chaque peuple, les noms des personnages sont assez spéciaux, et ils sont plusieurs, ce qui peut faire en sorte qu'on se mélange, par moments.

L'histoire est excellente, entraînante et extrêmement bien ficelée. En commençant ma lecture, je dois avouer que j'avais peur qu'on tombe dans le cliché, deux êtres que tout sépare, qui devraient être ennemis, mais qui tombent amoureux à la place. Je ne vous mentirai pas en disant qu'on est loin du cliché, on est en plein dedans, et le résumé en fait même mention, mais malgré tout, j'ai trouvé que celui-ci était si bien amené qu'il n'en devenait aucunement dérangeant. On s'attendait au déroulement de l'histoire, mais on ne s'attendait peut-être pas à ce que les choses évoluent de cette façon. Les deux protagonistes sont liés par beaucoup plus qu'un simple amour, ils sont en quête de leur identité personnelle et l'un aidera l'autre à la trouver et à l'accepter, malgré tout ce que laisse entrevoir leur destin.

Les deux protagonistes sont intéressants et très attachants. Le personnage principal masculin, Akos, m'a particulièrement plu pour son développement psychologique. Au départ un enfant dans l'ombre de sa famille, il devient fort, prêt à se battre pour sa vie, et ayant une loyauté à toute épreuve. Le personnage principal féminin, Cyra, est un personne intelligent et extrêmement puissant, mais profondément blessé. N'éprouvant aucune loyauté et s'efforçant simplement de survivre, elle s'efface un peu derrière son son, qui semble la consumer, mais quelle finira par accepter et utiliser pour le mieux. Les deux se complètent, s'aident à grandir et à évoluer.

Il s'agit d'une lecture à la hauteur de mes attentes, autant pour les personnages que pour l'histoire qui a su me procurer un excellent divertissement. J'ai bien hâte de lire la suite et de voir ce que l'auteure nous réserve.

Du bout du doigt, il frôla le bord de la casserole. Je ne pus m'empêcher d'admirer la vivacité de son mouvement, la vitesse à laquelle sa main se rétracta dès que la chaleur devint trop violente. Je devinais déjà dans quelle école de combat il s'était entraîné : zivatahak, l'école du coeur. 
- Tu supposes que je suis brutale parce que c'est ce que tu as entendu dire, répliquai-je. Parlons un peu de ce que j'ai entendu sur toi. Es-tu un lâche à la peau tendre?
- Vous êtes une Noavek, persista-t-il d'un air buté. La brutalité coule dans vos veines.
- Je n'ai pas choisi le sang qui coule dans mes veines. Pas plus que tu n'as choisi ton destin. Toi et moi nous sommes devenus ce qu'on nous a fait devenir.
Et je sortis en frappant la chambranle du dos de mon poignet, cuir contre bois.

Extrait en page 103.

dimanche 21 janvier 2018

Uglies, tome 4 : Extras








Uglies, book 4: Extras
Scott Westerfeld
Éditions Pocket Jeunesse
432 pages



     Plusieurs années se sont écoulées depuis que la rebelle Tally a renversé le système des Uglies, des Pretties et des Specials. Débarrassé de ces castes, le monde connait une véritable renaissance, sous le regard permanent de mille millions de caméras. La société n'est plus qu'une gigantesque émission de télé-réalité. La célébrité règne sur le monde...

Une chose pourtant n'a pas changé : les moins de seize ans ne sont pas censés se montrer en ville. Surtout quand on est une Extra comme Aya, une anonyme au rang facial ridicule. Sa seule chance de s'arracher à la médiocrité : claquer sur le nouveau réseau une histoire inouïe et... dangereuse.
     Dans ce quatrième et dernier tome de la série, nous rencontrons Aya, une jeune femme semblable à Tally, notre héroïne des derniers tomes, mais malheureusement beaucoup moins étonnante qu'elle. La grande particularité de Tally Youngblood était de donner dans le sensationnel, le démesuré, et Aya ne semble pas lui arriver à la cheville dans ce domaine. Elle semble quelque peu fade aux côtés de l'adolescente ayant menée la révolution de son monde, en créant un tout nouveau par le fait même, et permettant à notre nouvelle protagoniste de s'y développer.

Ce nouveau monde est tout aussi démesuré que l'était l'ancien, et si la beauté n'est plus complètement au pouvoir de celui-ci, malgré qu'elle y joue un rôle des plus importants, c'est maintenant au tour de la célébrité de prendre le contrôle. La vie est maintenant une grande émission de télé-réalité et le pouvoir et la gloire attendent ceux qui peuvent «claquer» les meilleures histoires sur le web, un peu à la façon de certaines de ces stars de YouTube.

La découverte de ce nouveau monde et de cette nouvelle protagoniste apporte un vent de fraîcheur, ou devrais-je plutôt dire un coup de vent, puisque l'aspect de la nouveauté s'éteint rapidement pour donner place à une nostalgie des tomes précédents. À la manière de ces prédécesseurs, ce tome place les personnages dans des situations périlleuses qu'ils auraient probablement pu éviter s'ils avaient passé un peu plus de temps à réfléchir et moins à se regarder dans le miroir, en leur permettant toutefois de s'en sortir de façon beaucoup trop facile. Prenons comme exemple concret le cas d'Aya et des Rusées qui, malgré une trahison plus qu'anticipée, ont tout de même laissé notre Aya s'en sortir sans réelles conséquences si ce n'est qu'une petite tape sur la main pour lui faire comprendre de le plus recommencer.

L'aspect jeunesse de ce roman est facilement identifiable, notamment dans le vocabulaire employé par l'auteur, ou peut-être par le traducteur, puisque dans ce cas il s'agit de la version française et non pas de l'originale. Les expressions employées sont enfantines, étranges et plutôt désagréables à lire, surtout à travers un vocabulaire un minimum recherché, ce qui apporte un contraste assez percutant d'une phrase à l'autre.

Cette série avait le potentiel d'en être une excellente, mais de tome en tome, celle-ci décline vers un final plutôt banal, sortant de nulle part et n'apportant pas de sentiment de complétude. C'est malheureusement avec un sentiment de manque que cette série fut terminés, malgré une excellente appréciation de son premier tome.
- C'est ce qu'on t'enseigne à l'école. Mais le mot avait une signification différente à l'époque des Rouillés.
- Ben, évidemment, dit Aya. Les Extras se comptaient par milliards en ce temps-là.
Eden secoua la tête.
- Cela n'a rien à voir avec la surpopulation, Aya-chan. Tu as sans doute déjà vu des vieux films sur l'écran mural?
- Bien sûr. C'est ainsi que les Rouillés devenaient célèbres.
- Oui, mais écoute le plus drôle : les logiciels de l'époque n'étaient pas suffisamment au point pour simuler le décor, ce qui obligeait les Rouillés à le construire. Ils bâtissaient des villes entières, rien que pour y faire évoluer les acteurs.
- De fausses villes? dit Aya. Ouah, quel gaspillage!
- Et pour animer ces fausses villes, ils embauchaient des centaines de personnes chargées de s'y déplacer. Mais ces gens ne jouaient aucun rôle dans l'histoire. Ils faisaient parti du décor. Voilà ce qu'on appelait des Extras. 
Aya haussa un sourcil, ne sachant si elle devait la croire. Cela paraissait tellement dingue, hors de proportion... et rappelait une caractéristique des Rouillés.
- Ce n'est pas ce que tu ressens parfois, Aya-chan? demande Eden. L'impression que l'histoire se déroule sans toi, et que tu restes plantée dans le décor?

Extrait en page 115 & 116.