dimanche 17 juin 2018

Auggie & moi : Trois nouvelles de Wonder







Auggie & Me : Three Wonder Stories
R.J. Palacio
Éditions Pocket Jeunesse
348 pages
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Juliette Lê



Wonder
     Auggie n'est pas un garçon comme les autres, et son arrivée au collège va bouleverser la vie de ceux qui l'entourent.
Julian, le petit dur de l'école ; Christopher, son ami d'enfance ; Charlotte, sa camarade de classe, nous emportent chacun dans leur propre récit pour nous révéler comment Auggie a changé leur vision du monde à jamais...
     J'ai terminé ma lecture de Wonder il y a près de trois ans, et pourtant, j'y repense souvent et je m'en rappelle comme si je lavais lu hier. Dès la sortie du film, je me suis lancé sur celui-ci et j'ai retrouvé l'ambiance et les personnages que j'avais tant aimés. C'est donc sans me poser de questions que j'ai emprunté ce livre, étant assurée que je passerais un bon moment de lecture sous la plume de R.J. Palacio.

Ce livre ne se veut pas une suite de l'histoire d'Auggie, et je dois avouer que j'aurais été déçue si cela avait été le cas, mais plutôt de l'histoire de base d'Auggie, sous différents point de vue. Dans ce livre, nous avons donc le point de vu de Julian, la brute de l'école, Christopher l'ami d'enfance d'Auggie, ainsi que Charlotte, une connaissance de l'école. 

La partie que j'ai préférée est celle de Julian, pour la simple raison que son histoire et celle d'Auggie se rejoignent à plusieurs moments et sont réellement entrelacées, tandis qu'Auggie ne fait que de brèves apparitions dans la vie des deux autres personnages, même s'il y est toujours présent d'une façon ou d'une autre. Cette partie nous permet de mieux comprendre Julian et les motivations derrière l'intimidation qu'il fait subir à Auggie. Cela m'a permis de faire la paix, en quelque sorte, avec le personnage de Julian, que j'ai énormément détesté lors de ma lecture de Wonder.

J'ai toutefois bien aimé les deux autres parties. Celle de Christopher nous permet d'en apprendre plus sur la jeunesse d'Auggie, et la partie de Charlotte nous permet de voir un côté un peu plus neutre de l'histoire, et aussi de plus apprendre à connaître le personnage de Summer, dont j'aurais vraiment aimé lire un point de vue. Je crois par contre que j'aurais préféré lire la partie de Julian en dernier, puisque celles des deux autres personnages me semblaient un peu fade suite à la sienne. 

En conclusion, il s'agit d'un excellent livre compagnon de Wonder. Il n'est pas aussi touchant, bien qu'il m'ait fait pleurer, mais il reste une excellente lecture, et une bonne façon de boucle la boucle de l'histoire d'Auguste Pullman.
     Et c'est là que j'ai commencé à bien l'aimer, Summer.
Mais c'était nul, parce que Summer, tout comme Jack, était du côté d'Auggie. Et ça signifiait que je ne pouvais pas être vu avec elle. Je pouvais même pas lui dire : « Ça va ? » de peur que le monstre croie que je m'adressais à lui. 
[...]
Je sais, c'est pas sympa de l'appeler « le monstre », mais il faut arrêter de tout prendre au sérieux ! Je ne suis pas méchant. Je plaisante!

Extrait en page 29.

mercredi 23 mai 2018

La Vague







The Wave
Todd Strasser
Éditions Ember
138 pages
     Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'histoire, crée un mouvement, la Vague, aux slogans fort : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action". En l'espace de quelques jours, le paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration?
     Je ne sais pas pour vous, mais dans mon école secondaire, absolument tous les élèves, peu importe leur professeur, visionnent en classe le film La Vague, et ce, depuis plusieurs années. C'est donc en connaissant grossièrement l'histoire que je me suis procuré le livre et que je me suis lancé dans sa lecture.

Commençons par un peu d'histoire. En fait, pour ceux qui ne le savent pas, le livre, ainsi que le film, sont inspirés d'une histoire vraie, ayant eu lieu en 1967. Un professeur, qui n'arrivait pas à expliquer à ses élèves comment un régime tel que le régime nazi avait pu exister, a décidé de se lancer dans une étude expérimentale et de créer un mouvement nommé « La troisième vague ». L'étude s'est terminée de façon bien moins violente que le film, mais les deux oeuvres (roman et film) sont inspirés de la même histoire.

Donc, c'est grâce au film, en premier, que j'ai pris connaissance de cette histoire, et c'est donc avec un peu de déception que j'ai refermé le livre. En fait, le film s'inspire grossièrement de l'histoire de base et montre plutôt une histoire extrêmement romancée et beaucoup plus dramatique que ce qui s'est réellement produit. L'histoire a été adaptée pour être intéressante à regarder et pour divertir toute une panoplie de gens, et non pas seulement ceux appréciant regarder des documentaires.

Le livre, toutefois, est beaucoup plus près de la réalité. Il s'agit d'un bon livre, axé sur la psychologie des personnages et sur l'esprit impressionnable des adolescents. Il nous montre, en très peu de pages, l'importance de penser par soi-même et de ne pas suivre aveuglément un groupe simplement pour faire comme les autres et avoir l'impression d'appartenir à un groupe.

Il s'agit d'une lecture très intéressante puisqu'elle permet de comprendre plusieurs choses, notamment la façon dont une seule personne peut réussir à amener plusieurs personnes à poser des actes qu'ils n'auraient jamais commis par eux-mêmes et qu'ils savent répréhensibles. Toutefois, il s'agit d'un livre lent (celui-ci se déroule sur une semaine, et les jours sont vus du point de vue de plusieurs personnages) et contenant très peu d'action. Il y a un suspens de présent, puisqu'on se demande jusqu'où iront les personnages, mais c'est tout.

C'est donc une lecture que j'ai bien apprécié, mais qui, contrairement au film, ne m'a pas amené le sentiment du divertissement que j'espérais en commençant ma lecture, puisque malheureusement, j'ai vu la version romancée en premier.
"Laurie, if you study the types of people who join these cults, they're almost always people who are unhappy with themselves and their lives. They look at the cult as a way of changing, of starting over, of literally being born again. How else do you explain the change in Robert?"
"But what's wrong with that, Mom?"
"The problem is that it's not real, Laurie. Robert is safe only as long as he keeps within the confines of The Wave. But what do you think happens when he leaves it? The outside world doesn't know or care about The Wave. If Robert couldn't function in school before The Wave, he won't be able to function outside of school where The Wave doesn't exist."

Extrait en page 72.

Les magiciens, tome 1







Magician, book 1: The Magicians
Lev Grossman
Éditions Viking
402 pages

     Brooklyn. Quentin, dix-sept ans, est un adolescent brillant mais il ronge son frein, prisonnier d'un monde désespérément ennuyeux, en attendant d'intégrer une université de prestige. Comme il regrette le temps de son enfance où les Chroniques de Fillory l'entraînaient dans un univers magique où tromper son ennui! Mais sa vie se transforme le jour où, à sa grande stupeur, il est admis à la faculté de Brakebills, une école extrêmement élitiste et secrète qui forme des magiciens. Cinq années d'un rude et dangereux apprentissage l'y attendent. Mais le monde réel, même revu par la magie, n'apporte pas forcément le bonheur. Ce qu'il faudrait, c'est que l'univers de Fillory, celui des contes de son enfance, ne soit pas un monde imaginaire. Qui sait?...
     La série Les magiciens n'est pas une série extrêmement populaire, ni même connue, mais je suis tombée sur l'adaptation télévisée il y a longtemps de cela et j'ai tout simplement adoré. Lorsque j'ai enfin décidé de regarder la deuxième saison de la série, je me suis dit qu'il serait peut-être préférable pour moi de lire le premier tome, considérant que je voulais lire la série, de façon à ne pas me faire spoiler toutes les péripéties. Au final, c'est le livre qui m'a spoilé la deuxième saison!

En effet, le temps est un concept étrange dans ce livre. Bien que le livre contienne moins de 500 pages et que les pages semblent se tourner tranquillement, l'histoire se déroule sur plus de quatre ans. Nous entrons dans la vie de Quentin, un personnage assez troublé, et plutôt négatif, avant qu'il ne découvre l'existence de la magie. Nous suivons son évolution pendant toutes ses années d'études, ainsi qu'ensuite, ce qui apporte une immense vue d'ensemble de son évolution ainsi que de celle de ses camarades.

J'ai mentionné plus haut que Quentin n'est pas le personnage le plus rayonnant qu'il m'ait été donné de voir, et en fait, l'histoire complète est faite ainsi. Le livre est extrêmement sombre, étrange et voire même un peu... dérangé. L’atmosphère de cette lecture est plutôt difficile à expliquer, mais disons que ce n'est clairement pas pour tout le monde. Toutefois, le live n'est pas dépourvu de positivisme, et l'humour des personnages est très intéressant, mais il s'agit tout de même d'un humour noir, sec et sarcastique.

Ce livre m'a donné l'impression d'une réécriture d'Harry Potter et de Narnia, mais extrêmement pervertie. Les personnages évoluent dans une école de magie digne de Poudlard, mais les cours sont parfois assez étranges, et apparemment la survie des élèves n'est pas la priorité numéro un des professeurs de cette école. De plus, cette histoire comporte une sorte de mon imaginaire parallèle qui est une immense copie de Narnia, mais en très, très malsaine. J'ai eu beaucoup de plaisir à relever les similarités pendant ma lecture et c'est un monde que j'ai bien hâte de pouvoir découvrir encore plus.

J'ai lu ce livre en version originale, c'est-à-dire en anglais, et je dois dire que le niveau de vocabulaire est beaucoup plus élevé que ce que j'ai l'habitude de lire. Cela ne m'a pas dérangé, au contraire, j'ai trouvé la différence agréable. Ce livre n'est clairement pas destiné à un public jeunesse, et j'ai donc apprécié que la plume soit plus mature. Celle-ci reste très poétique, malgré la nature sombre de son récit, et m'a entraînée dès les toutes premières pages.

En bref, « étrange, malsain, pervers » sont les termes que j'utiliserais pour décrire cette lecture, mais pas dans le sens négatif de ces termes. Il s'agit d'une lecture m'ayant laissé une impression... étrange, que je ne saurais décrire, mais qui m'a effectivement plu. C'est donc sans hésitation que je lirai la suite de cette série.
He'd started that little speech speaking normally and he ended it shouting. In a way fighting like this was just like using magic. You said the words, and they altered the universe. By merely speaking you could create damage and pain, cause tears to fall, drive people away, make yourself feel better, make your life worse.

Extrait en page 331.