vendredi 27 mai 2016

Je t'ai rêvé



Made You Up
Francesca Zappia

Traduction : Fabienne Vidallet
Éditions Robert Laffont
441 Pages


Einstein a dit : «La folie c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent.» Je continuais à prendre des photos en espérant que je repérais les hallucinations rien qu'en les regardant. Je me livrais à mes contrôles de périmètre en espérant finir par pouvoir me balader sans éprouver de bouffée de paranoïa. Chaque jour, j'espérais que quelqu'un me dirait que je sentais le citron.
D'après la définition d'Einstein, j'étais folle.



RÉSUMÉ

La folie est son quotidien. Rien ne la préparait à être «normale». 
- On joue au jeu des vingt questions?
- OK, mais c'est moi qui les pose cette fois.
- Ça marche.
- Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
- Il esquisse un sourire et répond : - Ne m'insulte pas.
- Est-ce que tu es vivant?
- Oui.
- Tu habites ici?
- Oui.
- Je te connais?
- Oui.
- Est-ce que je t'ai rêvé?



AVIS

J'ai vu ce livre sur la blogosphère à quelques reprises, mais celui-ci ne m'a jamais particulièrement attiré avant que je le vois sur les étagères de la médiathèque. La couverture colorée m'a certes attirée, mais c'est surtout l'allusion à John Green qui m'a persuadé de prendre le livre. Green étant l'un de mes auteurs préférés, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de cette lecture.

J'ai tout de même commencé cette lecture sans me faire trop d'attentes. Je ne connaissais rien à l'histoire, si ce n'est que le résumé en dévoilait, et je ne me rappelais aucunement de critiques que j'avais pu lire précédemment. J'ai été décontenancée au début puisque je croyais qu'il s'agissait d'une simple histoire d'amour, mais en fait, le concept principal de ce livre est la schizophrénie. Le personnage principal, une jeune fille de 17 ans prénommée Alex, souffre en effet de schizophrénie et de paranoïa.

C'est son histoire que nous suivons, ce qui fait en sorte qu'elle peut être assez difficile à suivre. Le personnage lui-même a de la difficulté à discerner le vrai du faux, ce qui rend la chose quasi impossible pour le lecteur, qui se retrouve plongé dans sa tête. Certains événements qui semblent tout à fait anodins sont au final créés de toutes pièces par l'imagination d'Alex, tandis que d'autres choses semblant complètement loufoques se révèlent finalement vraies.

À travers ce labyrinthe de réalités et de mensonges, Alex essaie de vivre une vie d'adolescente normale, de survivre à l'école secondaire et de se faire des amis. Je dois avouer que l'histoire semblait parfois dégénérer, sans que la schizophrénie ne soit en cause, ce qui m'a légèrement dérangé par moment, mais contrairement à plusieurs, il ne s'agit pas de quelque chose qui a grandement affecté ma lecture. Bien que toute l'histoire semble prendre des proportions disproportionnées, j'ai eu l'impression que ce concept se mariait bien au sujet de la schizophrénie et de la paranoïa, et qu'au final tout finissait de façon plus ou moins contenue.

J'ai aussi beaucoup apprécié les personnages, particulièrement celui de Miles. Je dois avouer qu'au début j'étais un peu sceptique et qu'il ne m'impressionnait pas tellement, mais plus l'histoire avançait, plus celui-ci se taillait une place dans mes personnages préférés. Tous les membres du groupe d'amis d'Alex étaient aussi assez intéressants. Ils n'étaient tous que très peu présents, mais lorsqu'ils se retrouvaient dans l'histoire, j'appréciais leur présence et ils ajoutaient un petit quelque chose à ma lecture.

Pour finir, parlons de la fin. J'ai lu dans plusieurs critiques qu'il s'agit de ce que les lecteurs ont le moins apprécié. Personnellement, je dois dire que j'ai dû relire la dernière page à quelques reprises. Je n'arrivais pas à me décider à savoir quelle était réellement la fin de l'histoire, comment celle-ci se terminait réellement, si elle se terminait exactement comme elle était écrite, ou s'il fallait y lire entre les lignes. Au début, cela m'a rendu un peu folle puisque j'ai tendance à ne pas aimer les fins qui laissent certains choses en suspens et qui n'apportent pas toutes les réponses à nos questions. Avec le recul, j'apprécie de plus en plus cette fin. Oui, elle laisse des choses en suspens, mais celle-ci s'agence parfaitement avec le concept du livre.

Donc, en bref, bien que je me sois lancé dans cette lecture sans m'attendre à y trouver une petite perle, j'en suis ressorti avec un très agréable sentiment, et mon tout premier coup de coeur de l'année.

La Voleuse de livres
Extrait en page 79.


jeudi 19 mai 2016

L'orangeraie


L'orangeraie
Larry Tremblay

Éditions Alto
159 Pages


Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C'est la haine qui tient leur os en place. Sans la haine, ils s'écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n'y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. Écoute-moi, j'ai deux fils. L'un est la main, l'autre, le poing. L'un prend, l'autre donne. Un jour, c'est l'un, un jour, c'est l'autre. Je t'en supplie, ne me prends pas les deux.



RÉSUMÉ

Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. 

Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. 

Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.

AVIS

Cet avis sera très différent de mes autres avis, tout simplement puisque je l'ai écris dans le cadre d'un cours de littérature. Après avoir vu la pièce de théâtre, j'ai eu envie de le relire, et comme j'ai le même avis que lors de ma première lecture, j'ai en quelque sorte décidé de recycler mon avis.

L'orangeraie, à la manière de son fruit, nous laisse en bouche une certaine fraîcheur acidulée suite à sa lecture. Dans ce dernier roman signé par Larry Tremblay et paru aux éditions Alto en 2013, le lecteur découvre la vie tourmentée de deux jeunes jumeaux prénommés Amed et Aziz. Toujours enfants, mais forcés de vieillir plus rapidement qu'il ne le devrait, ces jeunes garçons devront faire face à des situations atroces et notamment à l'arrivée d'un certain Soulayed, armé d'une mitraillette, venu remettre à leur père une lourde et étrange ceinture. Leur père, forcé de choisir l'un de ses jeunes fils pour la porter en hommage à leur Dieu, fera alors un choix déchirant. S'ensuivra une machination de leur mère, qui désapprouve les pratiques de son mari, de façon à garder ses enfants en vie. Les événements s'enchaîneront alors dans un crescendo infernal avant la grande explosion finale.

À travers la guerre qui fait rage dans un pays qui ne lui est pas révélé, le lecteur est amené à découvrir une vision du monde qui lui est inconnue. Au fil de sa lecture, il se surprendra à s'y conformer, et si ce n'est à l'accepter, tout du moins à la comprendre. C'est là que réside tout le génie de Tremblay, puisque les jumeaux font partie d'un monde de religion et de violence dans lequel les choix imposés ne sont même pas concevables pour la plupart des lecteurs, et pourtant, celui-ci se voit incarner les personnages si habilement créés par l'auteur, et par le fait même, évaluer leur choix.

L'orangeraie est un roman qui ne peut être lu que d'une façon, c'est-à-dire en une seule fois. À la fois révoltant et touchant, celui-ci amène le lecteur dans un monde dont il a maintes fois entendu parler, mais dont les fondements restent encore nébuleux pour lui. Au final, et pourtant malgré toute la noirceur qui règne dans ce livre, l'auteur a su représenter la fin comme un vrai vent de fraîcheur sur toute cette tristesse et cette colère, et apporte une dose bien appréciée d'espoir.


Extrait en page 25 & 26.

samedi 14 mai 2016

Les 100, tome 3 : Retour



Homecoming
Kass Morgan

Traduction : Frédérique Fraisse
Éditions Robert Laffont
350 Pages


Plus que quiconque, Clarke sait ce qu'il arrive quand on fait passer les êtres chers avant le reste. Elle a toujours vu le monde en noir et blanc, séparé le bien du mal avec autant d'assurance qu'elle différenciait cellules végétales et cellules animales en examen de bio. Cependant, l'année précédente l'avait obligée à suivre un cours intensif et brutal de relativisme moral.





RÉSUMÉ

Survivre
Le manque d'oxygène à bord de la Colonie a déclenché une panique meurtrière. Seuls les plus chanceux ont pu emprunter les dernières navettes partant en direction de la Terre.

Aimer
Cette nouvelle apocalypse plonge les 100 dans l'angoisse : qui parmi leurs proches a survécu à l’atterrissage? Les retrouveront-ils à temps?

Manipuler
Bien décidé à conserver le pouvoir, le vice-chancelier n'hésitera pas à faire taire quiconque tentera de lui résister.

Combattre
Prêts à tout pour garder leurs nouvelle liberté, Clarke, Bellamy, Wells et Glass devront chacun affronter leur destin pour sauver leur idéal. L'ultime compte à rebours a commencé.


AVIS

Le deuxième tome s'est terminé sur un suspens, et le troisième tome s'ouvre sur celui-ci. Les habitants de la station spatiale se trouvent maintenant sur Terre, et les personnes anciennement au pouvoir sont bien décidés à regagner leurs postes, au grand désespoir des 100.

L'histoire était dans la lignée des deux tomes précédents, et ne s'en démarquait malheureusement pas. J'ai trouvé l'histoire plutôt lente et sans grands rebondissements qui valaient la peine d'être lus. L'histoire était tout de même agréable à lire, et j'ai passé un bon moment de lecture, mais j'ai simplement l'impression que l'histoire s'est essoufflée.

Pour ce qui est des personnages, il s'agit de la même chose que pour l'histoire. Les personnages sont toujours dans la lignée de la série, mais ne semble pas se développer plus qu'ils ne le sont déjà, ce que j'ai trouvé dommage.

Sincèrement, je ne trouve rien de plus à dire sur ce tome, si ce n'est qu'il est stagnant. Je trouve cela vraiment dommage puisque j'ai bien apprécié les deux premiers tomes et que cette série avait beaucoup de potentiel. Malheureusement, cette finale n'était pas à la hauteur de mes attentes, et était beaucoup trop facile et jeunesse pour moi. Une bonne série, mais sans plus.

Extrait en page 271 & 272.
Couverture différente de l'édition spécifiée.