Uglies, book 4: Extras
Scott Westerfeld
Éditions Pocket Jeunesse
432 pages
Plusieurs années se sont écoulées depuis que la rebelle Tally a renversé le système des Uglies, des Pretties et des Specials. Débarrassé de ces castes, le monde connait une véritable renaissance, sous le regard permanent de mille millions de caméras. La société n'est plus qu'une gigantesque émission de télé-réalité. La célébrité règne sur le monde...
Une chose pourtant n'a pas changé : les moins de seize ans ne sont pas censés se montrer en ville. Surtout quand on est une Extra comme Aya, une anonyme au rang facial ridicule. Sa seule chance de s'arracher à la médiocrité : claquer sur le nouveau réseau une histoire inouïe et... dangereuse.
Dans ce quatrième et dernier tome de la série, nous rencontrons Aya, une jeune femme semblable à Tally, notre héroïne des derniers tomes, mais malheureusement beaucoup moins étonnante qu'elle. La grande particularité de Tally Youngblood était de donner dans le sensationnel, le démesuré, et Aya ne semble pas lui arriver à la cheville dans ce domaine. Elle semble quelque peu fade aux côtés de l'adolescente ayant menée la révolution de son monde, en créant un tout nouveau par le fait même, et permettant à notre nouvelle protagoniste de s'y développer.
Ce nouveau monde est tout aussi démesuré que l'était l'ancien, et si la beauté n'est plus complètement au pouvoir de celui-ci, malgré qu'elle y joue un rôle des plus importants, c'est maintenant au tour de la célébrité de prendre le contrôle. La vie est maintenant une grande émission de télé-réalité et le pouvoir et la gloire attendent ceux qui peuvent «claquer» les meilleures histoires sur le web, un peu à la façon de certaines de ces stars de YouTube.
La découverte de ce nouveau monde et de cette nouvelle protagoniste apporte un vent de fraîcheur, ou devrais-je plutôt dire un coup de vent, puisque l'aspect de la nouveauté s'éteint rapidement pour donner place à une nostalgie des tomes précédents. À la manière de ces prédécesseurs, ce tome place les personnages dans des situations périlleuses qu'ils auraient probablement pu éviter s'ils avaient passé un peu plus de temps à réfléchir et moins à se regarder dans le miroir, en leur permettant toutefois de s'en sortir de façon beaucoup trop facile. Prenons comme exemple concret le cas d'Aya et des Rusées qui, malgré une trahison plus qu'anticipée, ont tout de même laissé notre Aya s'en sortir sans réelles conséquences si ce n'est qu'une petite tape sur la main pour lui faire comprendre de le plus recommencer.
L'aspect jeunesse de ce roman est facilement identifiable, notamment dans le vocabulaire employé par l'auteur, ou peut-être par le traducteur, puisque dans ce cas il s'agit de la version française et non pas de l'originale. Les expressions employées sont enfantines, étranges et plutôt désagréables à lire, surtout à travers un vocabulaire un minimum recherché, ce qui apporte un contraste assez percutant d'une phrase à l'autre.
Cette série avait le potentiel d'en être une excellente, mais de tome en tome, celle-ci décline vers un final plutôt banal, sortant de nulle part et n'apportant pas de sentiment de complétude. C'est malheureusement avec un sentiment de manque que cette série fut terminés, malgré une excellente appréciation de son premier tome.
- C'est ce qu'on t'enseigne à l'école. Mais le mot avait une signification différente à l'époque des Rouillés.
- Ben, évidemment, dit Aya. Les Extras se comptaient par milliards en ce temps-là.
Eden secoua la tête.
- Cela n'a rien à voir avec la surpopulation, Aya-chan. Tu as sans doute déjà vu des vieux films sur l'écran mural?
- Bien sûr. C'est ainsi que les Rouillés devenaient célèbres.
- Oui, mais écoute le plus drôle : les logiciels de l'époque n'étaient pas suffisamment au point pour simuler le décor, ce qui obligeait les Rouillés à le construire. Ils bâtissaient des villes entières, rien que pour y faire évoluer les acteurs.
- De fausses villes? dit Aya. Ouah, quel gaspillage!
- Et pour animer ces fausses villes, ils embauchaient des centaines de personnes chargées de s'y déplacer. Mais ces gens ne jouaient aucun rôle dans l'histoire. Ils faisaient parti du décor. Voilà ce qu'on appelait des Extras.
Aya haussa un sourcil, ne sachant si elle devait la croire. Cela paraissait tellement dingue, hors de proportion... et rappelait une caractéristique des Rouillés.
- Ce n'est pas ce que tu ressens parfois, Aya-chan? demande Eden. L'impression que l'histoire se déroule sans toi, et que tu restes plantée dans le décor?
Extrait en page 115 & 116.