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mardi 24 octobre 2017

Le Vide

Pierre Sauvé
À l'orée de la quarantaine, veuf, père dune fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui a toutes les apparences d'un crime passionnel.

Frédéric Ferland
Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours trouvée terne. Psychologue, il exerce sa profession dans la ville de Saint-Bruno.

Maxime Lavoie
Trente-sept ans, célibataire, idéaliste... et milliardaire. Il y a deux ans, il a quitté ses fonctions de président de Lavoie inc. pour devenir le producteur et l'animateur de Vivre au Max, l'émission de téléréalité la plus controversée de l'heure... mais aussi la plus populaire.

Trois hommes différents, trois existences que tout sépare. Or, contre toute attente, leurs chemins se croiseront bientôt et leur vie en sera bouleversée à jamais. Tout comme celle de milliers de gens... tout comme la vôtre!

Pierre a très rarement ressenti la terreur. La peur, oui, à différentes occasions. On peut avoir peur d'arriver en retard quelque part, peur de ne pas être à la hauteur d'une situation, peur du ridicule... ou peur qu'il soit arrivé un accident à notre ex-femme et à notre fille qui sont parties en bateau. Mais la terreur, la vraie, si intense qu'elle n'est supportable qu'à court terme, n'existe que dans l'incertitude, dans l'inconnu, dans l'éventualité du pire. Pierre a toujours été convaincu que le moment le plus atroce pour l'homme qui tombe en bas d'une falaise ou d'un gratte-ciel doit être ce bref instant où il vacille et tente de reprendre son équilibre. Pendant la chute, le sentiment prédominant est sans doute le fatalisme, ou l'abandon, ou les deux. Mais les micro-secondes durant lesquelles cet homme se demande s'il va basculer ou non doivent être saturés d'une terreur pure.

Extrait en page 229 (tome 2, flambeaux).
     Patrick Senécal est l'un de ces auteurs qui, je pense ne saura jamais me décevoir. Chacun de ses romans est un vrai bijou que je me fais un plaisir de dévorer, chaque fois, peu importe le nombre de pages qu'il contient. 

Ce livre n'est pas le plus intense de Senécal que j'ai eu l'occasion de livre. En fait, il ne s'agit pas du livre le plus... tout. Ce n'est pas celui avec le plus de sang, le plus de sexe, le plus de violence ou le plus de gore, mais il s'agit sans aucun doute de son plus sombre, ou du moins du plus sombre parmi ceux que j'ai eu l'occasion de lire jusqu'à maintenant. Disons que ce n'est pas un livre que je recommanderais à des gens qui sont déprimés ou qui cherche un sens quelconque à la vie. Passer votre chemin, sérieusement.

Si vous connaissez l'auteur, vous savez que son écriture n'est pas censurée et qu'il donne dans le détail. Toutefois, dans ce roman, j'ai vu une différence au niveau de l'écriture. Si l'on exclut une scène particulièrement graphique et dégoûtante, le roman donne plutôt dans la suggestion. Les détails sont toujours présents et il y a beaucoup de sang, mais contrairement à ce dont je suis habituée avec Senécal, ce livre me semblait presque... adoucit. J'ai trouvé que ce livre faisait beaucoup plus dans la psychologie que dans l'horreur, et c'est un changement que j'ai trouvé très intéressant. Tous les livres de Senécal touche à la psychologie humaine, mais celui-ci plus que les autres, et il a réellement réussi à entrer dans ma tête lors de ma lecture. 

J'ai été complètement entraînée par cette histoire, et par les histoires individuelles des trois personnages principaux. Les vies de ces trois hommes en viennent à converger d'une façon qui était plus ou moins évidente dès le début, mais qui se décline en tellement de facettes différentes que je n'ai pas réussi à m'ennuyer. C'est à peine si j'ai vu les 800 pages défiler.

Senécal sait garder le suspense jusqu'à la toute fin, et chacun de ses livres semble posséder un petit quelque chose de plus, le rendant unique. Celui-ci, par exemple, se lit de deux façons différentes. Les chapitres ne se trouvent pas en ordre d'histoire, mais bien en ordre chronologique, donc en lisant le livre de la façon habituelle, d'une couverture à l'autre, on commence avec le chapitre 21, pour ensuite lire le chapitre 8, puis revenir au chapitre 22, et ainsi de suite. Je compte bien, à un moment ou un autre, relire ce livre en suivant l'ordre croissant des chapitres, de façon à voir à quel point mon expérience de lecture s'en verra changé.

Le livre se lit rapidement. J'ai peiné à le laisser de côté, malgré son nombre de pages plutôt important, puisque je voulais absolument savoir le fin mot de l'histoire. Je voulais comprendre qui était cet adolescent si étrange, les motivations derrière toute cette rage contenue chez les personnages, ce que voulait dire ces paroles si énigmatiques... Et malgré tout, en finissant ce livre, j'ai ressenti... Un vide. Vraiment, ce livre m'a laissé une étrange sensation, différente des autres livres de Senécal que j'ai lu. Je m'attendais à être choquée, effarée, voire même effrayée, mais non... seulement du vide.

Le livre se termine sur un événement monstrueux, gigantesque, mais aussi sur un sentiment de boucle qui n'en fini jamais. Aucun sentiment défini ne m'a assailli lorsque j'ai refermé ce livre, et pourtant, c'est l'un des livres qui m'a probablement le plus marqué de toute ma vie. C'est un livre auquel je repense lorsque je vois des téléréalités débiles à la télévision, lorsque j'entends les nouvelles à la radio, lorsque mes connaissances abordent certains sujets... C'est un livre qui n'atteint pas dès la fin de la lecture, mais qui atteint beaucoup plus en profondeur, et qui révèle sa véritable morale dans les moments les plus inattendus. 

jeudi 5 octobre 2017

Inaccessibles, tome 1 : La Tour aux mille étages

BIENVENUE À MANHATTAN, EN 2118.
New York est à la pointe de l'innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal.
Jusqu'au jour où une jeune femme tombe du millième étage...
Meurtre ou accident? Les suspects sont nombreux. La belle et riche Eris, qui découvre un secret familial terrible? Rylin, qui travaille pour un garçon des étages supérieurs? Watt, qui espionne tout le monde grâce à une IA qu'il a créée. Leda, qui cache une addiction? Ou Avery, la plus parfaite de tous, qui habite le penthouse du millième étage? Entre soirées débridées, glamour et petits secrets entre amis, la Tour aux mille étages va révéler ses mystères.



Quand le surveillant de quai trouva ce qui restait de son corps et envoya d'un doigt tremblant son rapport d'incident, il ne savait qu'une chose : cette fille était la première personne à tomber de la Tour depuis vingt-cinq ans qu'il travaillait là. Il ignorait qui elle était et comment elle avait pu avoir accès à l'extérieur.
Il n'aurait su dire si elle était tombée par accident, si quelqu'un l'avait poussée ou si, par le poids de ses propres secrets elle avait décidé de sauter.

Extrait en page 9 & 10.
     La Tour aux mille étages a fait parler de lui dès les premiers instants de sa sortie, et c'est donc par curiosité que je me suis lancé dans cette lecture.

Dès ma lecture du résumé, ce livre m'a fait penser aux séries Gossip Girl et Pretty Little Liars et mon impression n'avait pas tort. Dès le début, nous entrons dans un univers de richesse et de complaisance. La superficialité teinte toutes les pages de l'histoire, ce qui malgré le fait que je m'y en attendais un peu, m'a grandement déplu. 

Les personnages ne font pas exceptions, ce qui fait en sorte que je n'ai pas réussi à m'attacher à ceux-ci, si ce n'est qu'à deux d'entre eux, qui sont beaucoup moins axés sur leur petite personne que les autres. Malheureusement, ne pas m'attacher aux personnages a fait en sorte que je ne me suis pas intéressé à leur histoire.

Il s'agit d'un premier tome, ce qui fait en sorte qu'il a un développement plus lent, mais j'ai tout de même trouvé qu'il était extrêmement long à démarrer, tellement que j'ai bien failli l'abandonner à quelques reprises. Je ne sais pas combien de tomes l'auteure souhaite ajouter à cette série, mais selon ce que j'ai pu lire de ce premier tome, j'ai l'impression qu'il aurait facilement pu être un tome unique. Probablement que j'aurais plus apprécié ma lecture, aussi, s'il avait été unique, puisqu'il aurait peut-être été plus intéressant beaucoup plus tôt.

De plus, en me fiant à la fin et à mon humble avis, celle-ci ne justifie pas une suite. Les personnages en viennent à une entente débile seulement pour rajouter un semblant de sentiment de fin inachevée, alors que le tout aurait très bien pu se tenir sans cela. C'est malheureux, mais je ne sais pas si je lirai les prochains tomes, cette fin ne m'en donnant aucune envie.

En fait, toute l'histoire est un peu... meh. Elle se laisse lire, mais elle ne donne pas une envie de continuer plus qu'il ne le faut. J'ai trouvé que l'histoire restait en surface, tout comme les personnages, alors qu'il y aurait pu avoir place à un plus grand drame. Je ne sais pas comment expliquer mon ressenti vis-à-vis de la fin sans révéler des informations importantes de l'histoire, mais peut-être certains d'entre vous ayant lu ce livre pourront comprendre ce que j'essaie de dire. Disons simplement que ce livre avait le potentiel pour être tellement plus que ce qu'il est.

mercredi 4 octobre 2017

Caraval, tome 1

Scarlett et sa petite soeur Donatella n'ont jamais quitté l'île où leur père, un homme cruel et tyrannique, les retient captives. À 17 ans, alors qu'elle est sur le point d'être mariée à un inconnu, Scarlett reçoit une lettre de Légende, le maître du jeu Caraval. Cette année, Caraval aura lieu sur l'île des Songes, et Scarlett est invitée! Depuis toute petite, elle rêve d'assister à ce jeu légendaire et fabuleux... Aidées par Julian, un mystérieux marin, les deux soeurs s'enfuient. Mais à leur arrivée sur l'île des Songes, Donatella est kidnappée par Légende. Scarlett entre alors dans Caraval avec Julian. Si elle ne retrouve pas sa soeur avant que les cinq nuits du jeu soient écoulées, celle-ci disparaîtra pour toujours...



De luxueux tapis rouges amortissaient ses pas, de délicates lumières dorées caressaient ses bras. La chaleur régnait, alors que quelques instants plus tôt le froid pénétrait tout. En inspirant, elle eut l'impression d'avaler un nectar sucré et pétillant, qui l'emplit de fourmillement de la tête aux pieds.
- C'est...
Elle ne trouva pas les mots pour exprimer ce qu'elle ressentait. Scarlett aurait voulu employer les mots «magnifique» ou «splendide», mais c'était là des termes trop banals pour décrire ce spectacle unique. 

Extrait en page 108.
Caraval est l'un de ces livres que je n'ai pas eu besoin de regarder à deux fois avant de choisir. J'ai tout de suite été attirée par sa couverture magnifique et le résumé a su me donner envie d'emprunter ce livre pour me jeter dans sa lecture dans les plus bref délais.

J'ai adoré l'atmosphère de l'histoire. Caraval est un jeu de luxure et de magie, mais qui cache une histoire pour le moins lugubre, et des dénouements des moins heureux. Ce monde est teinté d'une aura mystérieuse, notamment puisqu'il n'existe pas de monnaie, mais plutôt un échange de confessions et de secrets contre tout article ou information désiré. Si les personnages veulent quelque chose, ils doivent l'obtenir contre une partie d'eux-mêmes, et dans ce jeu, chaque information recueillie peut s'avérer bénéfique, ou à l'inverse fatal. Il s'agit d'un monde où distinguer le réel du faux devient une tâche quasiment impossible, et c'est quelque chose qui m'a extrêmement plu. Je ne savais jamais à quoi m'attendre et si, plus tard dans l'histoire, mes perceptions allaient encore être changées.

Scarlett, notre personnage principal, ainsi que sa soeur, Tella, se retrouvent mêlées à tout ce jeu d'une manière inattendue. Avec l'aide de Julian, un jeune guide au passé inconnu, notre héroïne devra partir à la recherche de sa cadette, dans ce jeu ne faisant ni queue ni tête, et dont les apparences sont plus que trompeuses. J'ai bien apprécié la majorité des personnages, même ceux faisant parti du jeu, mais j'ai complètement détesté le personnage de Tella. J'aurais pu la jeter du haut d'un édifice, vraiment. Son personnage connait un développement psychologique, mais rien d'assez drastique pour que je finisse par l'apprécier, mais peut-être qu'avec un peu de chance, cela changera dans le deuxième tome.

J'ai beaucoup apprécié l'histoire et c'est un livre que j'ai trouvé extrêmement addictif. Toutefois, la fin m'a un peu dérangée. Je dois avouer que je croyais qu'il s'agissait d'un livre unique, et non pas d'une série, donc la fin m'a un peu dérouté, mais c'est un peu plus que cela. J'ai trouvé la fin un peu brouillon suite à tout ce que je venais de lire. Comme si, plutôt que de faire un rappel à toute l'histoire, l'auteure avait décidé de s'arrêter et de simplement continuer dans le prochain tome. Ce n'est pas quelque chose qui a grandement nui à mon appréciation du livre, mais j'ai hâte de voir comment cela sera développé dans le prochain tome.