Table des matières

dimanche 31 décembre 2017

La Faucheuse, tome 1

 
Les commandements du Faucheur.

Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme, et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.

L'immortalité ne saurait tempérer la folie ou la fragilité de la jeunesse. L'innocence est condamnée à mourir d'une mort grotesque de nos propres mains, victime de os erreurs irréversibles. Aussi, nous enterrons l'émerveillement candide dont on se nourrissait petits, le remplaçant par des cicatrices dont nous ne parlons jamais, trop enchevêtrées pour que n'importe quelle technologie y remédie. À chaque glanage que je commets, à chaque vie que je fauche pour le bien de l'humanité, je pleure l'enfant que je fus un jour et dont je peine à me rappeler le nom par moments. Et je brûle de trouver un endroit, au-delà de l'immortalité, où je puisse, d'une certaine manière, ressusciter cet émerveillement et redevenir ce petit garçon.


Extrait en page 423.
Je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant de le voir sur les tablettes de ma médiathèque. J'ai tout de suite été attirée par sa couverture et la simple lecture du résumé m'a convaincu de l'emprunter, certaine que je l'apprécierais énormément.

Dans un monde où la mortalité n'existe plus, l'humain a mis en place un nouveau système pour contrôler le nombre d'individu peuplant la Terre, ou a plutôt mis un groupe de personne en charge de cette tâche ; les Faucheurs. Ceux-ci ont comme lourd travail de «glaner» leurs pairs, selon des statistiques pré-établies. C'est ainsi que nous entrons dans l'histoire de deux jeunes adultes, choisis par un Faucheur pour devenir ses apprentis. 

J'ai adoré ce monde un peu macabre que l'auteur met en place. Il s'agit de le même Terre que nous connaissons, mais en améliorée dans tous les domaines. La mort n'existe plus, les blessures non plus. Toutes figures d'autorité ont été remplacées par le Thunderhead, une force omniprésente qui prend tout à sa charge et fait un bien meilleur travail, selon mon humble avis. En bref, il s'agit d'une sorte d'utopie. Toutefois, les Faucheurs existent, ruinant celle-ci pour certains élus qui voient alors leur vie se terminer. Les techniques de mise à mort sont aussi variées que le nombre de Faucheurs les utilisant et j'ai adoré le concept d'une sorte d'école pour les Faucheurs, d'un conclave pour vérifié que le tout se passe de la meilleure façon, et des épreuves pour déterminer qui est apte à endosser cette lourde responsabilité.

Les personnages sont exquis. J'ai particulièrement apprécié celui du maître Faraday, une sorte d'ermite sociale qui a su me faire réfléchir à plus d'une reprise. Les deux personnages principaux sont aussi extrêmement intéressants. Étant complètement différents, ils apportent chacun quelque chose de nouveau, et j'ai beaucoup aimé leur relation amour-haine, cela rajoutait de la compétition à leur apprentissage, même s'ils faisaient tous les efforts possibles pour ne pas l'être.

J'ai été totalement captivée par l'histoire. Remplie d'action, celle-ci se caractérise par des retournements de situations de tous les côtés, et je ne savais ainsi jamais à quoi m'attendre, ce que j'ai adoré. J'ai extrêmement hâte d'avoir le deuxième tome entre les mains, et d'ainsi pouvoir continuer cette excellente série.


Replica, tome 1

GEMMA a toujours été une adolescente solitaire, surprotégée par ses parents à cause de sa santé fragile. Sa vie se réduit à sa maison, son lycée et ses échanges avec sa seule amie. Un jour, Gemma apprend que le nom de son père est associé au mystérieux institut Haven qui abriterait des expériences scientifiques monstrueuses. Elle décide de se rendre sur l'île d'Haven pour découvrir ce qu'il s'y passe réellement...

LYRA - ou numéro 24 - n'est pas humaine, c'est une replica, un clone. Pour elle, le monde se limite à l'Institut, aux savants et infirmières qui s'occupent d'elle. Le jour où l'île devient le théâtre d'une terrible explosion, Lyra s'échappe. À l'extérieur des murs de l'Institut, elle découvre un monde qu'elle n'avait jamais soupçonner et rencontre Gemma.

Ensemble, GEMMA et LYRA essaient de lever le voile sur les mystères de Haven. Les secrets qui leur seront révélés vont changer leur vie pour toujours...


Les nuits de grand silence, il nous arrive de les entendre scander leurs slogans : ils réclament notre mort. On peut les voir aussi, ou plutôt discerner le halo de lumière au-dessus du littoral de Barrel Key, où ils doivent être réunis. Leurs regards sont sans doute dirigés vers l'étendue d'eau noire, vers la clôture qui entoure l'Institut Haven, blanc et anguleux. À cette distance, il ressemble, j'imagine, à une longue mâchoire verte où sont plantées des dents miniatures. Ils nous traitent de monstres. De démons. Parfois, lors de mes insomnies, je me demande s'ils ont raison.



Extrait en page 11.

Lauren Oliver est une auteure dont j'ai aimé la majorité des livres, c'est donc sans vraiment y penser que je me suis lancé dans la lecture du premier tome de Replica, un livre à l'aspect nouveau dont plusieurs ne cessait de vanter les mérites.

J'ai donc commencé par le côté de Gemma, ayant lu quelque part qu'il n'y avait pas de réel commencement à cette histoire. Je me suis dit qu'il y aurait probablement plus de révélations du côté de la clone que de celle de l'humaine, et j'espérais ainsi garder une petite part de mystères en commençant par le côté de cette dernière.

Je suis bien entré dans l'histoire, dès le premier chapitre, et j'en suis rapidement venue à me demander ce dont il était question et quelle était cette histoire d'île retirée avec ces expériences scientifiques secrètes. Je me suis bien attaché aux personnages, ou du moins à tout ceux n'étant pas Gemma. J'ai eu beaucoup de mal avec celle-ci et je l'ai trouvé plutôt désagréable. Elle n'avait aucune confiance en elle, était plutôt naïve et manquait de sens de la déduction, ce qui faisait en sorte que je réussissais à assembler les pièces du puzzle beaucoup plus rapidement qu'elle. Je l'ai aussi trouvé particulièrement geignarde et plutôt méchante envers sa meilleure amie, un personnage que j'ai beaucoup aimé. J'ai préféré le personnage de Lyra, en ce qui concerne les personnages principaux de l'histoire.

J'ai donc terminé le côté de Gemma, tout en trouvant la fin assez rapide, et puis je me suis lancé dans la lecture du côté de Lyra en me disant que j'aurais peut-être plus de réponses à mes questions. En effet, j'ai trouvé le côté de Lyra beaucoup plus informatif en ce qui concernait l'île, les clones et leur utilité, j'ai donc été contente de l'avoir gardé en deuxième, mais j'ai aussi trouvé son côté extrêmement répétitif. Il s'agit exactement de la même histoire, et lorsque les personnages de Gemma et de Lyra se retrouvent ensemble, il s'agit exactement des mêmes dialogues que j'avais pu lire auparavant, rendant leur lecture extrêmement répétitive et ennuyeuse. Et puis la fin de ce côté se termine aussi abruptement que celle du premier tome, ce qui m'a un peu déplu.

Au final, j'ai trouvé ce livre intéressant et le concept plutôt innovateur, mais un livre en deux points de vue séparés apporte beaucoup de répétition, rendant la lecture, ou du moins une partie, un peu moins agréable. Il s'agit donc d'une idée que j'ai aimé découvrir, le temps d'un tome, mais puisqu'il s'agit d'une saga, j'espère que les autres tomes ne seront pas écrits de la même manière, puisque je ne pense pas avoir la motivation nécessaire pour en lire plusieurs ainsi.

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.





We all wanted to see what Dante was seeing.
We stood silently around Dante's telescope in the middle of the desert as we waited for our turn to see all the contents of the sky. When I looked through the telescope, Dante began explaining what I was looking out into the vast universe. Through that telescope the world was closer and larger that I'd ever imagined. And it was all so beautiful and overwhelming and - I don't know - it made me aware that there was something inside of me that mattered.

Extrait en page 42.
Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers est un livre qui se trouvait dans ma PAL depuis un long moment, et je ne cessais de lire d'excellents commentaires sur celui-ci, si bien que j'ai préféré attendre pour le lire, de façon à avoir le temps de bien m'immerger dans l'histoire et de bien l'apprécier dans son entièreté.

J'ai découvert dès les premières pages une écriture extrêmement poétique et entraînante. Il s'agit de ce genre de plume que je pourrais lire des heures durant sans jamais me lasser, tellement les phrases s'enchaînent et les mots s'entremêlent d'une si belle façon. L'histoire, en somme, n'est ni originale, ni débordant d'action, mais elle est tout simplement belle. Magnifique, même. J'ai eu des larmes aux yeux, j'ai eu le sourire aux lèvres. Ce livre m'a fait passer par une gamme d'émotions complète, en peu de temps, et c'est ce qui fait en sorte que je l'ai autant apprécié. 

Les personnages sont attachants, et représentent le point fort de ce roman. Je dois admettre que le personnage de Dante s'est mis à m'exaspérer vers la fin, mais ce n'était que son attitude face à la situation qui me déplaisait, ainsi que le fond de sa personnalité, mais le personnage dans son ensemble m'a beaucoup plu, tout comme celui d'Ari. Il s'agit de deux adolescents radicalement différents, mais tellement semblables à la fois. J'ai aussi beaucoup apprécié la façon dont les personnages des parents avaient été abordés. Ceux-ci ont leurs problèmes, leurs difficultés, mais l'auteur n'a jamais utilisé la route facile et tombé dans le cliché des parents qui ne comprennent jamais rien et qui ne sont d'aucune aide pour leur enfant. C'était une différence agréable à retrouver dans un livre ciblant un public de jeunes adultes.

Concernant la fin, je m'en attendais un peu. En fait, toute l'histoire nous pousse vers cette fin, cette réalisation, il aurait donc été un peu naïf de ne pas la voir arriver. Toutefois, j'ai beaucoup aimé que le roman ne tourne pas autour d'une histoire d'amour, mais beaucoup plus autour d'une merveilleuse histoire d'amitié. J'ai adoré voir les personnages évolués les uns avec les autres, se découvrir et se comprendre, s'aimer et s'accepter. C'est un livre que j'ai beaucoup apprécié, comme plusieurs autres, d'ailleurs.



Nous les menteurs

Une famille belle et distinguée. Une île privée. Une fille brillante, blessée ; un garçon passionné, engagé. Un groupe de quatre adolescents - les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice. Une révolution. Un accident. Un secret. Mensonges sur mensonges. Le grand amour. La vérité.

Welcome to the beautiful Sinclair family.
No one is a criminal.
No one is an addict.
No one is a failure.
The Sinclairs are athletic, tall, and handsome. We are old-money Democrats. Our smiles are wide, our chins square, and our tennis serves aggressive.
It doesn't matter if divorce shreds the muscles of our hearts so that they will hardly beat without a struggle. It doesn't matter if trust-fund money is running out ; if credit card bills go unpaid on the kitchen counter. It doesn't matter if there's a cluster of pill bottles on the bedside table.


Extrait en page 3.
     Nous les menteurs est un livre qui a fait le tour de la toile il y a quelques mois de cela. Il se trouvait parmi les livres les plus populaires du moment, et c'est ce qui m'a donné envie de le lire, puisque si autant de gens l'adoraient, c'est probablement qu'il était plutôt bon... non? Non.

Dans mon cas, ce livre est malheureusement une belle déception. J'ai lu ce livre en version originale, et dès les premières pages je savais que l'écriture n'allait pas m'emporter. Je ne saurais dire avec exactitude ce que je n'ai pas apprécié de celle-ci, mais elle n'était tout simplement pas assez entraînante pour me donner envie de tourner les pages à un rythme effréné. Je n'ai pas non plus réussi à réellement accrocher à l'histoire. Oui, j'avais envie de connaitre le fin mot de l'histoire et c'est pourquoi je n'ai pas abandonné ma lecture, mais il s'agit d'un livre qui ne m'a fait ni chaud ni froid et que je n'ai pas pris un réel plaisir à lire.

J'ai continué ma lecture en me disant que la fin me donnerait peut-être tort, et que je réaliserais que celle-ci valait bien l'histoire moyenne que je venais de lire... mais une fois encore, non. J'ai vu la fin arriver à des kilomètres, et bien que je mentirais si je disais que je savais ce qui était réellement arrivé, je peux dire sans mentir que j'avais compris la majorité des éléments, et que de cette façon, la fin ne m'a pas du tout étonnée. Je l'ai plutôt trouvée décevante. Étrangement, je m'attendais à vraiment plus de celle-ci.

Il y a aussi les personnages... Je les ai trouvé exécrables. Il n'y en a pas un seul auquel je me suis attaché, pas même le personnage principal, que j'ai trouvé extrêmement banal et désagréable.

Au final, je n'arrive pas à trouver de points positifs à ce livre, si ce n'est le fait qu'il était court et qu'il se lisait facilement et rapidement. J'ai malheureusement été extrêmement déçue par cette lecture que plusieurs ont trouvée très bonne. J'en attendais tellement plus, et peut-être que j'en attendais justement trop.

mardi 12 décembre 2017

Les enfants de Vénus, tome 1

Quelques centaines d'années après la Révolution de Vénus qui a permis l'avènement d'une ère matriarcale, Physalis, princesse de Sàlissa et descendante de Vénus, est en âge d'enfanter une héritière pour le trône. Au mépris du protocole, elle refuse la méthode d'insémination et fait appel à un procréateur. Mais dans un futur où les hommes sont considérés pour la plupart comme des êtres inférieurs ce choix ne s'avère pourtant pas si simple... Les deux jeunes gens que tout oppose commencent à devenir proches et cette intimité inédite remet en cause l'ordre établi. Face à la pression du conseil du royaume et aux interdits qui planent sur cette relation, Physalis va devoir faire un choix entre ses responsabilités d'héritière et ses convictions...




Physalis acquiesça. Elle retourna en direction de se chambre, soudain pleine de lassitude. Son enthousiasme était retombé. Non seulement elle devrais assister à cette cérémonie d'inauguration où elle devrait saluer, parler à des centaines de femmes, et agir en bonne petite princesse pendant des heures, mais en plus elle ne verrait pas Lime avant le lendemain, ce qui l'attristait finalement bien plus que le reste.

Extrait en page 31 & 32.
Je tiens premièrement à remercier Livraddict, ainsi que l'auteure, M.S. Mage, pour m'avoir si gentiment offert ce roman. Le résumé de ce livre a su m'attirer. Celui-ci laissait miroiter une histoire différente, abordant un sujet peu exploité dans les livres que j'ai la chance de lire, et c'est ce qui m'a poussé à en faire la découverte.

C'est donc avec empressement que je me suis lancé dans cette histoire. Celle-ci prend place au sein d'une société matriarcale, ce qui a su me déstabiliser, bien que cela m'ai beaucoup plu. Nous sommes tellement habitué à des histoires où l'homme occupe des places de pouvoir et où les femmes occupent certains emplois plus en marge de la société, tels que femmes de ménages ou bien même travailleuses du sexe, que de voir les rôles inversés m'a fait un grand choc. Mes repères ont été chamboulés, et cela m'a fait réaliser à quel point notre société, bien que les femmes puissent y occuper des rôles importants, est toujours menée par le patriarcat sur bien des aspects. C'est donc une perspective nouvelle que ce roman m'a apportée, et j'ai bien apprécié ce changement.

On entre donc dans l'histoire de Physalis, jeune héritière au trône de Sàlissa un royaume gouverné par les femmes, pour les femmes. Il s'agit d'un personnage principal que j'ai beaucoup aimé, notamment pour sa fougue et son esprit de rébellion. Ce sont deux aspects de sa personnalité qui ont résonné chez moi, et que j'aurais apprécié qu'elle développe un peu plus, en particulier envers sa mère, que j'ai trouvé particulièrement désagréable tout au long de l'histoire. J'aurais aussi bien aimé qu'elle garde cette envie de défier les règles jusqu'à la fin, puisqu'elle m'a semblé renoncer à ses convictions un peu trop facilement à mon goût. Toutefois, la toute fin m'a prouvé qu'elle n'avait peut-être pas perdue cette flamme que j'avais décelée chez elle dès le début, mais qu'elle l'avait peut-être plutôt redirigé intelligemment.

Pourtant, du côté du personnage principal masculin, j'ai été un peu déçue. Celui-ci m'a semblé plat mis à côté de Physalis, et lorsque j'avais l'occasion de lire ses points de vues, je n'étais pas convaincue par sa façon de penser. J'espère qu'il se démarquera plus dans le deuxième tome, puisqu'il pourrait malheureusement s'agir d'un personnage que j'oublierai rapidement autrement.

Si vous chercher un livre rempli d'action et de rebondissements, peut-être qu'il faudrait chercher ailleurs, puisque celle-ci n'arrive que pour un court moment vers la fin, ais malgré tout, l'histoire a su me happer. J'ai tourné les pages de ce livre les unes après les autres, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, et j'ai bien hâte de pouvoir lire la suite.

dimanche 26 novembre 2017

La Sélection, tome 5 : La Couronne

Il ne doit en rester qu'un.

Vingt ans après la Sélection d'America Singer, et malgré l'abolition des castes, la famille royale d'Illeá doit à nouveau faire face au mécontentement du peuple : L'heure est venue de lancer une nouvelle Sélection.

Sa mère à l'article de la mort, son père dévasté, il est temps pour la princesse Eadlyn de passer à la vitesse supérieure dans le processus de la Sélection. Encore novice aux jeux de l'amour et du pouvoir, détestée par une partie de l'opinion publique, elle doit pourtant choisir au plus vite son Élite de six prétendants. Devenir femme, épouse et reine en l'espace de quelques semaines, telle est la lourde tâche qui repose sur les épaules de la princesse. Mais le coeur peut se révéler un précieux allié, pour qui sait l'écouter...
Comment étais-je censée prendre la place de mon père? J'étais déjà épuisée au bout de la première journée. Impossible de récidiver tous les jours pendant les prochaines semaines, sans parler des années qui m'attendaient une fois que j'aurais hérité de la couronne pour de bon.
Et comment allais-je choisir un mari? Qui était le meilleur choix? Qui serait le plus aimé par le peuple? Était-ce d'ailleurs une bonne question? Était-ce juste?
Je m'essuyais les yeux avec la paume de ma main comme une enfant : j'aurais aimé redevenir naïve et innocente sans aucune idée de tous les problèmes qui pouvaient surgir en une seule journée.
J'avais du pouvoir, mais je ne savais pas comment l'utiliser. J'étais une reine qui ne savait pas régner. Une jumelle abandonnée. Une fille sans parents. J'avais six prétendants, mais je ne savais même pas comment on procédait pour tomber amoureuse.

Extrait en page 42.
     C'est en étant un peu déçue que je referme le dernier tome de La Sélection. Non pas déçue face à l'histoire, mais en sachant qu'il s'agit bien du dernier tome cette fois. La Sélection n'était pas une série révolutionnaire et n'apportait pas non plus de nouveau genre, mais elle n'en était pas moins très agréable à lire et j'ai passé un bon moment de lecture en sa compagnie.

Eadlyn, le personnage principal, a subi un si grand développement psychologique qu'elle en est méconnaissable. Ce n'est plus cette adolescente égoïste et centrés sur elle-même qu'elle était lors de sa première apparition, mais bien une jeune femme digne de succéder son père sur le trône. J'ai appris à l'apprécier, et je crois même m'être un peu reconnue en elle. J'ai aimé voir l'évolution de ses questionnements, ses valeurs et ses décisions, ainsi que ses relations avec les autres personnages.

Ces derniers m'ont tout autant plu et j'étais triste de les voir partir les uns après les autres. C'est toutefois avec beaucoup de joie que j'ai découvert l'identité de l'élu, un choix qui souligne encore plus les changements subi par Eadlyn. J'aurais par contre aimé en apprendre plus sur certains des prétendants, puisque j'ai eu l'impression que certains d'entre eux m'étaient toujours un peu inconnus, et ce, même dans ce dernier tome.

Le fin, quant à elle, m'a offert un retournement de situation que je n'avais pas vraiment vu venir, malgré certains indices dispersés au fil de la lecture. Cette fin pourrait facilement donner place à d'autres tomes, mais d'après ce que j'ai compris, il s'agirait bel et bien du dernier. Je n'étais pas fermé à l'éventualité de lire d'autres livres de cette série, mais après cinq tomes, je dois avouer que celle-ci commençait un peu à s'essouffler, et je n'aurais pas aimé que mon appréciation de La Sélection se trouve entachée par une trop grande quantité de livres publiés. C'est donc un peu triste, mais bien contentée que je referme ce dernier tome.

mardi 24 octobre 2017

Le Vide

Pierre Sauvé
À l'orée de la quarantaine, veuf, père dune fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui a toutes les apparences d'un crime passionnel.

Frédéric Ferland
Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours trouvée terne. Psychologue, il exerce sa profession dans la ville de Saint-Bruno.

Maxime Lavoie
Trente-sept ans, célibataire, idéaliste... et milliardaire. Il y a deux ans, il a quitté ses fonctions de président de Lavoie inc. pour devenir le producteur et l'animateur de Vivre au Max, l'émission de téléréalité la plus controversée de l'heure... mais aussi la plus populaire.

Trois hommes différents, trois existences que tout sépare. Or, contre toute attente, leurs chemins se croiseront bientôt et leur vie en sera bouleversée à jamais. Tout comme celle de milliers de gens... tout comme la vôtre!

Pierre a très rarement ressenti la terreur. La peur, oui, à différentes occasions. On peut avoir peur d'arriver en retard quelque part, peur de ne pas être à la hauteur d'une situation, peur du ridicule... ou peur qu'il soit arrivé un accident à notre ex-femme et à notre fille qui sont parties en bateau. Mais la terreur, la vraie, si intense qu'elle n'est supportable qu'à court terme, n'existe que dans l'incertitude, dans l'inconnu, dans l'éventualité du pire. Pierre a toujours été convaincu que le moment le plus atroce pour l'homme qui tombe en bas d'une falaise ou d'un gratte-ciel doit être ce bref instant où il vacille et tente de reprendre son équilibre. Pendant la chute, le sentiment prédominant est sans doute le fatalisme, ou l'abandon, ou les deux. Mais les micro-secondes durant lesquelles cet homme se demande s'il va basculer ou non doivent être saturés d'une terreur pure.

Extrait en page 229 (tome 2, flambeaux).
     Patrick Senécal est l'un de ces auteurs qui, je pense ne saura jamais me décevoir. Chacun de ses romans est un vrai bijou que je me fais un plaisir de dévorer, chaque fois, peu importe le nombre de pages qu'il contient. 

Ce livre n'est pas le plus intense de Senécal que j'ai eu l'occasion de livre. En fait, il ne s'agit pas du livre le plus... tout. Ce n'est pas celui avec le plus de sang, le plus de sexe, le plus de violence ou le plus de gore, mais il s'agit sans aucun doute de son plus sombre, ou du moins du plus sombre parmi ceux que j'ai eu l'occasion de lire jusqu'à maintenant. Disons que ce n'est pas un livre que je recommanderais à des gens qui sont déprimés ou qui cherche un sens quelconque à la vie. Passer votre chemin, sérieusement.

Si vous connaissez l'auteur, vous savez que son écriture n'est pas censurée et qu'il donne dans le détail. Toutefois, dans ce roman, j'ai vu une différence au niveau de l'écriture. Si l'on exclut une scène particulièrement graphique et dégoûtante, le roman donne plutôt dans la suggestion. Les détails sont toujours présents et il y a beaucoup de sang, mais contrairement à ce dont je suis habituée avec Senécal, ce livre me semblait presque... adoucit. J'ai trouvé que ce livre faisait beaucoup plus dans la psychologie que dans l'horreur, et c'est un changement que j'ai trouvé très intéressant. Tous les livres de Senécal touche à la psychologie humaine, mais celui-ci plus que les autres, et il a réellement réussi à entrer dans ma tête lors de ma lecture. 

J'ai été complètement entraînée par cette histoire, et par les histoires individuelles des trois personnages principaux. Les vies de ces trois hommes en viennent à converger d'une façon qui était plus ou moins évidente dès le début, mais qui se décline en tellement de facettes différentes que je n'ai pas réussi à m'ennuyer. C'est à peine si j'ai vu les 800 pages défiler.

Senécal sait garder le suspense jusqu'à la toute fin, et chacun de ses livres semble posséder un petit quelque chose de plus, le rendant unique. Celui-ci, par exemple, se lit de deux façons différentes. Les chapitres ne se trouvent pas en ordre d'histoire, mais bien en ordre chronologique, donc en lisant le livre de la façon habituelle, d'une couverture à l'autre, on commence avec le chapitre 21, pour ensuite lire le chapitre 8, puis revenir au chapitre 22, et ainsi de suite. Je compte bien, à un moment ou un autre, relire ce livre en suivant l'ordre croissant des chapitres, de façon à voir à quel point mon expérience de lecture s'en verra changé.

Le livre se lit rapidement. J'ai peiné à le laisser de côté, malgré son nombre de pages plutôt important, puisque je voulais absolument savoir le fin mot de l'histoire. Je voulais comprendre qui était cet adolescent si étrange, les motivations derrière toute cette rage contenue chez les personnages, ce que voulait dire ces paroles si énigmatiques... Et malgré tout, en finissant ce livre, j'ai ressenti... Un vide. Vraiment, ce livre m'a laissé une étrange sensation, différente des autres livres de Senécal que j'ai lu. Je m'attendais à être choquée, effarée, voire même effrayée, mais non... seulement du vide.

Le livre se termine sur un événement monstrueux, gigantesque, mais aussi sur un sentiment de boucle qui n'en fini jamais. Aucun sentiment défini ne m'a assailli lorsque j'ai refermé ce livre, et pourtant, c'est l'un des livres qui m'a probablement le plus marqué de toute ma vie. C'est un livre auquel je repense lorsque je vois des téléréalités débiles à la télévision, lorsque j'entends les nouvelles à la radio, lorsque mes connaissances abordent certains sujets... C'est un livre qui n'atteint pas dès la fin de la lecture, mais qui atteint beaucoup plus en profondeur, et qui révèle sa véritable morale dans les moments les plus inattendus. 

jeudi 5 octobre 2017

Inaccessibles, tome 1 : La Tour aux mille étages

BIENVENUE À MANHATTAN, EN 2118.
New York est à la pointe de l'innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal.
Jusqu'au jour où une jeune femme tombe du millième étage...
Meurtre ou accident? Les suspects sont nombreux. La belle et riche Eris, qui découvre un secret familial terrible? Rylin, qui travaille pour un garçon des étages supérieurs? Watt, qui espionne tout le monde grâce à une IA qu'il a créée. Leda, qui cache une addiction? Ou Avery, la plus parfaite de tous, qui habite le penthouse du millième étage? Entre soirées débridées, glamour et petits secrets entre amis, la Tour aux mille étages va révéler ses mystères.



Quand le surveillant de quai trouva ce qui restait de son corps et envoya d'un doigt tremblant son rapport d'incident, il ne savait qu'une chose : cette fille était la première personne à tomber de la Tour depuis vingt-cinq ans qu'il travaillait là. Il ignorait qui elle était et comment elle avait pu avoir accès à l'extérieur.
Il n'aurait su dire si elle était tombée par accident, si quelqu'un l'avait poussée ou si, par le poids de ses propres secrets elle avait décidé de sauter.

Extrait en page 9 & 10.
     La Tour aux mille étages a fait parler de lui dès les premiers instants de sa sortie, et c'est donc par curiosité que je me suis lancé dans cette lecture.

Dès ma lecture du résumé, ce livre m'a fait penser aux séries Gossip Girl et Pretty Little Liars et mon impression n'avait pas tort. Dès le début, nous entrons dans un univers de richesse et de complaisance. La superficialité teinte toutes les pages de l'histoire, ce qui malgré le fait que je m'y en attendais un peu, m'a grandement déplu. 

Les personnages ne font pas exceptions, ce qui fait en sorte que je n'ai pas réussi à m'attacher à ceux-ci, si ce n'est qu'à deux d'entre eux, qui sont beaucoup moins axés sur leur petite personne que les autres. Malheureusement, ne pas m'attacher aux personnages a fait en sorte que je ne me suis pas intéressé à leur histoire.

Il s'agit d'un premier tome, ce qui fait en sorte qu'il a un développement plus lent, mais j'ai tout de même trouvé qu'il était extrêmement long à démarrer, tellement que j'ai bien failli l'abandonner à quelques reprises. Je ne sais pas combien de tomes l'auteure souhaite ajouter à cette série, mais selon ce que j'ai pu lire de ce premier tome, j'ai l'impression qu'il aurait facilement pu être un tome unique. Probablement que j'aurais plus apprécié ma lecture, aussi, s'il avait été unique, puisqu'il aurait peut-être été plus intéressant beaucoup plus tôt.

De plus, en me fiant à la fin et à mon humble avis, celle-ci ne justifie pas une suite. Les personnages en viennent à une entente débile seulement pour rajouter un semblant de sentiment de fin inachevée, alors que le tout aurait très bien pu se tenir sans cela. C'est malheureux, mais je ne sais pas si je lirai les prochains tomes, cette fin ne m'en donnant aucune envie.

En fait, toute l'histoire est un peu... meh. Elle se laisse lire, mais elle ne donne pas une envie de continuer plus qu'il ne le faut. J'ai trouvé que l'histoire restait en surface, tout comme les personnages, alors qu'il y aurait pu avoir place à un plus grand drame. Je ne sais pas comment expliquer mon ressenti vis-à-vis de la fin sans révéler des informations importantes de l'histoire, mais peut-être certains d'entre vous ayant lu ce livre pourront comprendre ce que j'essaie de dire. Disons simplement que ce livre avait le potentiel pour être tellement plus que ce qu'il est.

mercredi 4 octobre 2017

Caraval, tome 1

Scarlett et sa petite soeur Donatella n'ont jamais quitté l'île où leur père, un homme cruel et tyrannique, les retient captives. À 17 ans, alors qu'elle est sur le point d'être mariée à un inconnu, Scarlett reçoit une lettre de Légende, le maître du jeu Caraval. Cette année, Caraval aura lieu sur l'île des Songes, et Scarlett est invitée! Depuis toute petite, elle rêve d'assister à ce jeu légendaire et fabuleux... Aidées par Julian, un mystérieux marin, les deux soeurs s'enfuient. Mais à leur arrivée sur l'île des Songes, Donatella est kidnappée par Légende. Scarlett entre alors dans Caraval avec Julian. Si elle ne retrouve pas sa soeur avant que les cinq nuits du jeu soient écoulées, celle-ci disparaîtra pour toujours...



De luxueux tapis rouges amortissaient ses pas, de délicates lumières dorées caressaient ses bras. La chaleur régnait, alors que quelques instants plus tôt le froid pénétrait tout. En inspirant, elle eut l'impression d'avaler un nectar sucré et pétillant, qui l'emplit de fourmillement de la tête aux pieds.
- C'est...
Elle ne trouva pas les mots pour exprimer ce qu'elle ressentait. Scarlett aurait voulu employer les mots «magnifique» ou «splendide», mais c'était là des termes trop banals pour décrire ce spectacle unique. 

Extrait en page 108.
Caraval est l'un de ces livres que je n'ai pas eu besoin de regarder à deux fois avant de choisir. J'ai tout de suite été attirée par sa couverture magnifique et le résumé a su me donner envie d'emprunter ce livre pour me jeter dans sa lecture dans les plus bref délais.

J'ai adoré l'atmosphère de l'histoire. Caraval est un jeu de luxure et de magie, mais qui cache une histoire pour le moins lugubre, et des dénouements des moins heureux. Ce monde est teinté d'une aura mystérieuse, notamment puisqu'il n'existe pas de monnaie, mais plutôt un échange de confessions et de secrets contre tout article ou information désiré. Si les personnages veulent quelque chose, ils doivent l'obtenir contre une partie d'eux-mêmes, et dans ce jeu, chaque information recueillie peut s'avérer bénéfique, ou à l'inverse fatal. Il s'agit d'un monde où distinguer le réel du faux devient une tâche quasiment impossible, et c'est quelque chose qui m'a extrêmement plu. Je ne savais jamais à quoi m'attendre et si, plus tard dans l'histoire, mes perceptions allaient encore être changées.

Scarlett, notre personnage principal, ainsi que sa soeur, Tella, se retrouvent mêlées à tout ce jeu d'une manière inattendue. Avec l'aide de Julian, un jeune guide au passé inconnu, notre héroïne devra partir à la recherche de sa cadette, dans ce jeu ne faisant ni queue ni tête, et dont les apparences sont plus que trompeuses. J'ai bien apprécié la majorité des personnages, même ceux faisant parti du jeu, mais j'ai complètement détesté le personnage de Tella. J'aurais pu la jeter du haut d'un édifice, vraiment. Son personnage connait un développement psychologique, mais rien d'assez drastique pour que je finisse par l'apprécier, mais peut-être qu'avec un peu de chance, cela changera dans le deuxième tome.

J'ai beaucoup apprécié l'histoire et c'est un livre que j'ai trouvé extrêmement addictif. Toutefois, la fin m'a un peu dérangée. Je dois avouer que je croyais qu'il s'agissait d'un livre unique, et non pas d'une série, donc la fin m'a un peu dérouté, mais c'est un peu plus que cela. J'ai trouvé la fin un peu brouillon suite à tout ce que je venais de lire. Comme si, plutôt que de faire un rappel à toute l'histoire, l'auteure avait décidé de s'arrêter et de simplement continuer dans le prochain tome. Ce n'est pas quelque chose qui a grandement nui à mon appréciation du livre, mais j'ai hâte de voir comment cela sera développé dans le prochain tome.

mercredi 30 août 2017

Bird Box

Malorie élève ses enfants de la seule façon possible : barricadés chez eux. Dehors il y a un danger terrible, sans nom. S'ils s'aventurent à l'extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie. S'ils ôtent leurs bandeaux, ils se donneront la mort avec une violence inouïe. Malorie a deux solutions : rester cachée avec ses enfants, isolée, ou bien entamer un terrifiant périple jusqu'au fleuve dans une tentative désespérée, presque vaine, pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme. Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l'autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd'hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.


Who's the mad one here? Look at you now. Two people meet on a river..."
Malorie rocks back and forth. She senses a gap behind the rowboat, some kind of opening. 
"...one of them looks to the sky..."
Malorie feels the paddle sink into the earth.
"...the other tries to steer a boat with a blindfold on."
The rowboat is almost free.
"So, I have to ask myself..."
"More!" she screams.
"...who here has gone mad?"

Extrait en page 55-56.






     Bird box est l'un de ces livres acclamés par la critique, c'est donc sans grande hésitation que je me le suis procuré et que je me suis lancé dans sa lecture.

Ce livre présente un concept de lecture très intéressant. Dans cette histoire, les personnages n'ont pas la possibilité de voir s'ils ne se trouvent pas dans un endroit totalement sécurisé. Quelque chose rôde parmi eux, les rendant complètement fou sans raison apparente, si ce n'est que tous les témoins de ces accès de violence peuvent affirmer que les victimes ont semblé voir l'une de ces choses tout juste avant de succomber à cette folie meurtrière. C'est donc dans une noirceur totale que les personnages, et par le fait même le lecteur, évoluent dans cet environnement malsain.

L'auteur joue ainsi avec les sens du lecteur. Ce lecteur qui, habitué de lire et d'imaginer ce qui se passe selon les descriptions fournies, se retrouve maintenant aussi impuissant que les personnages dont il lit présentement l'histoire. C'est avec les sons, et non les imagines, qu'il doit maintenant évoluer. Se fier aux émotions des personnages, et non plus aux couleurs et aux reliefs.

C'est une situation qui, renforcée par le peu de pages de ce roman, crée un énorme suspense. Contrairement à plusieurs, je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai été effrayée par cette histoire et cette façon de faire, mais j'ai sans aucun doute été tenue en haleine, du début à la toute fin.

Le roman est divisé en deux parties qui s'entrecroisent, c'est-à-dire le présent et le passé. Le présent représente la quête du personnage principal, Malorie, et de ses deux jeunes enfants. Le passé représente les raisons poussant Malorie à entreprendre cette quête ardue dans un territoire maintenant des plus hostiles. Plusieurs éléments sont révélés avant qu'il ne nous soit expliqué la façon dont ces événements se sont produits, ou même quand ceux-ci ont eu lieux. Le suspense se voit donc décuplé puisque nous ne suivons pas qu'une seule histoire, mais bien deux. Ces éléments du passé nous sont révélés par brefs moments, créant un puzzle dont les pièces ne s’emboîtent que vers la fin, nous révélant pleinement les motivations de Malorie. Le passé m'a semblé plus intéressant que le présent, pour la simple raison que l'action y est plus présente et surtout puisque le visuel y joue un plus grand rôle. La partie du présent mise beaucoup plus sur les sons et les ressenties des personnages, donc joue beaucoup plus dans la subtilité.

Lorsque les deux parties se rencontrent, nous en sommes à la fin. C'est la partie que j'ai le moins apprécié du roman. Il y reste beaucoup trop de questionnement, à mon avis. Le livre, véritable récit de suspense et de manque d'informations tangibles, se voit attribuer une fin à son image. Toutefois, même si je comprends les motivations de l'auteur, mon côté curieux prend l’avantage, et j'aurais beaucoup apprécié en apprendre plus sur les fondements de cette histoire.

Je laisse donc cette lecture derrière moi avec un sentiment étrange de bon divertissement et de changement, mais aussi avec un certain manque. Je crois qu'après tous les éloges que j'avais pu en entendre, je m'attendais à quelque chose d'un peu... plus. Plus imaginatif, plus effrayant, et surtout plus complet.